L'alimentation joue un rôle primordial dans la santé et le bien-être des chevaux. En tant qu'herbivores stricts, leur régime doit être riche en fibres et équilibré en nutriments. Le choix entre foin et paille, deux fourrages couramment utilisés, est crucial et influence directement leur santé digestive, leur état corporel et leurs performances.

Bien que tous deux issus de plantes cultivées, le foin et la paille diffèrent significativement par leur composition nutritionnelle. Cette analyse détaillée permettra de mieux comprendre ces différences et d'optimiser l'alimentation des équidés.

Composition nutritionnelle comparée : foin versus paille

La différence majeure entre le foin et la paille se situe au niveau de leur valeur nutritive. Le foin, récolté avant la pleine maturité de la plante, conserve une concentration élevée de nutriments essentiels. A l’inverse, la paille, constituée des tiges restantes après la récolte des grains, est beaucoup moins riche et plus pauvre en éléments nutritifs.

Tableau comparatif de la valeur nutritionnelle (valeurs moyennes pour 1kg de matière sèche)

Nutriment Foin de Luzerne Foin de Ray-grass Paille de Blé Paille d'Avoine
Énergie (Mcal/kg) 2.5 2.0 0.8 1.0
Protéines brutes (%) 20 12 4 5
Fibres brutes (%) 25 30 40 35
Calcium (g/kg) 15 5 2 3
Phosphore (g/kg) 3 2 1 1.5
Magnésium (g/kg) 2.5 1.5 0.8 1.2

Ce tableau met en évidence la supériorité nutritionnelle du foin, notamment de la luzerne, par rapport à la paille. Il est important de noter que ces valeurs sont des moyennes et peuvent varier en fonction de la variété végétale, des conditions de culture et de la méthode de conservation du fourrage.

Analyse détaillée des principaux nutriments

L'énergie, indispensable au métabolisme du cheval, provient des glucides et lipides. Le foin, plus énergétique que la paille, est crucial pour maintenir un bon état corporel, en particulier pour les chevaux de sport, les chevaux de trait ou les juments allaitantes. Une alimentation exclusivement à base de paille peut rapidement induire une dénutrition énergétique et une perte de poids.

Les protéines sont essentielles à la croissance, à la réparation tissulaire et à la production laitière. Le foin de luzerne, riche en protéines de haute qualité, est un complément idéal pour les jeunes chevaux en croissance et les juments allaitantes. La paille, très pauvre en protéines, ne peut pas combler ces besoins.

Les fibres, composées de cellulose, d'hémicellulose et de lignine, sont fondamentales pour une digestion optimale. La longueur des fibres dans le foin est particulièrement importante pour stimuler la mastication, favoriser la production de salive et optimiser le fonctionnement du système digestif. La paille, avec ses fibres plus courtes et plus rigides, peut perturber la digestion et engendrer des problèmes comme la constipation ou des coliques.

Les minéraux et les vitamines, présents en quantités variables selon le type de fourrage, sont vitaux pour de nombreuses fonctions physiologiques. Des carences, notamment en calcium et en magnésium, peuvent survenir avec une alimentation exclusive à la paille, pouvant conduire à des pathologies graves, telle que la tétanie d'herbe.

  • Le foin de bonne qualité est vert, odorant et exempt de moisissures.
  • Un foin récolté trop tard aura une valeur nutritive inférieure, avec moins de protéines et plus de fibres indigestibles.
  • Un stockage inadéquat peut altérer la qualité du fourrage, favorisant le développement de mycotoxines dangereuses pour le cheval.
  • L’analyse du foin par un laboratoire spécialisé permet d’évaluer sa valeur nutritionnelle et d’adapter la ration en conséquence.

Conséquences d'une alimentation à base de paille ou de foin

Les conséquences d'une alimentation déséquilibrée, soit trop riche en paille ou trop pauvre en foin, sont importantes pour la santé du cheval. Un apport nutritionnel inadéquat peut entraîner des troubles digestifs, des problèmes de poids et des complications plus graves.

Impact sur le système digestif

Une alimentation excessive en paille peut créer des problèmes digestifs importants. La faible densité nutritive et la teneur élevée en fibres grossières, associées à une longueur de fibres inadéquate, peuvent provoquer de la constipation, des coliques et des troubles dentaires. En revanche, le foin, par sa richesse en fibres de longueur appropriée, stimule la mastication, favorise un bon transit intestinal et contribue à la santé de la flore intestinale. Un cheval recevant une ration équilibrée en foin aura un système digestif plus performant et moins sujet aux maladies.

Influence sur l'état corporel

Un cheval nourri principalement à la paille risque une insuffisance énergétique et une perte de poids progressive. L'apport énergétique faible de la paille est insuffisant pour combler les besoins énergétiques d'un cheval, même au repos. Une perte de poids, une faiblesse musculaire et une diminution des performances en découlent. Un régime basé sur du foin de qualité, quant à lui, assure un maintien du poids idéal et une condition physique optimale, permettant au cheval de répondre à ses besoins énergétiques.

Aspects économiques et choix du fourrage

Le coût de la paille est généralement inférieur à celui du foin. Cependant, l’apport nutritionnel limité de la paille doit être pris en compte. Il est préférable d’investir dans un foin de qualité, même plus coûteux à l’achat, plutôt que de nourrir le cheval avec de grandes quantités de paille peu nutritive. Les coûts vétérinaires liés à une mauvaise alimentation peuvent dépasser largement l'économie réalisée sur l'achat de fourrage de qualité inférieure. Un équilibre entre coût et qualité nutritive doit être recherché pour assurer une alimentation optimale sans compromettre la santé du cheval.

  • Les besoins énergétiques d'un cheval de sport sont plus importants que ceux d'un cheval de loisir.
  • Une jument allaitante a des besoins accrus en protéines et en énergie pour la production de lait.
  • Les besoins nutritionnels des chevaux âgés doivent être adaptés pour tenir compte de leurs capacités digestives.
  • Des compléments alimentaires peuvent être nécessaires pour pallier certaines carences, en particulier en cas d'alimentation à base de paille.

Un cheval adulte de 500 kg, par exemple, a besoin d'environ 12 à 15 kg de foin de bonne qualité par jour. La paille peut servir de complément pour stimuler la mastication, mais ne doit pas remplacer le foin comme source principale de nutriments. Une surveillance régulière de l'état corporel du cheval, combinée à une analyse de son fourrage, permettent d’ajuster la ration pour répondre à ses besoins individuels.

L'alimentation du cheval est un aspect fondamental de son bien-être. Une consultation auprès d'un vétérinaire ou d'un nutritionniste équine est conseillée pour établir un plan alimentaire adapté et personnalisé.